Le premier tome de mes fables, intitulé " La revanche du corbeau ", est publié aux éditions Thôt. (Ceci n'est pas une moralité, mais un simple rappel !) Le second tome, intitulé " La démarche du crabe " vient de sortir, également aux éditions Thôt.
Heureusement dans notre société, nous avons un souci d’égalité qui compense. Les moches et les nuls ont accès à la gloire, et les crapules à la richesse. Alors que les génies peuvent être inconnus, voire maudits. Le talent, Dieu merci, n’est pas marié avec la réussite, et les lauriers vont souvent sur des têtes sans mérite.
Ecrire une fable est un jeu d’enfant. C’est dire la difficulté pour un adulte.
Le mieux est souvent l’ennemi du bien, dit-on, et changer pour changer, courir après le neuf et fuir devant l’ancien sans se demander d’où vient le danger, vouloir être un autre sans savoir qui on est, pour chaque nouveauté être tout feu tout flamme, c’est oublier le peu que l’on connaît. Et c’est ce qu’on ignore qu’on proclame !
Il faut savoir retrouver sa maison, la poussière de son escalier et le reflet de son visage sans aucun maquillage dans son miroir ironique. C’est là qu’est notre vie. Unique.
C’est ainsi que dans certains pays on punit ceux qui ont obéi, tout en offrant de vraies fortunes à ceux qui ont donné les ordres. On flatte ceux qui savent mordre. Et les mordus ont si peu de rancune…
La réussite est dans la communication. Le slogan, le logo, le symbole l’emportent. C’est moins par le génie que par l’obstination qu’on accroche les gens et qu’on ouvre les portes.
Le ridicule peut déclencher l’hilarité. Parfois le mépris. Rien de mortel ! S’il est attaché au pouvoir, à Dieu, à la patrie, si le ridicule est officiel, il devient respectable et glorieux. N’est plus ni sot ni artificiel celui qui se fait prendre au sérieux.
Les gens veulent des rois pour les rêves, mais n’admettent que des égaux pour la réalité. De cette contradiction naissent d’éphémères idoles, couronnées de carton pour des talents frivoles…
Avoir tort avec tout le monde est plus facile qu’avoir raison tout seul devant des imbéciles.
Souvent pour corriger les faits inacceptables qu’on admet par faiblesse ou par nécessité, pour n’être plus victime, on se risque en coupable, infligeant à autrui un sort immérité.
L’ordre des choses… Ce n’est guère que le cahin-caha de nos petits désordres.
Soyons inattentifs et gardons nos distances. Nos proches, c’est de loin souvent qu’on les voit bien. On regarde parfois avec trop d’insistance, on voudrait les aimer… On n’y comprend plus rien !
De façon populaire captiver les monarques, et de façon princière toucher les roturiers, ce qui revient au même - faut-il qu'on le remarque ? - voilà pour un artiste la vraie gloire du métier.
Poivre et sel pourraient s'unir autant que l'huile et le vinaigre... Mais on n'a pas le même avenir quand on est blanc, quand on vit nègre.
Combien d'hommes, sans pudeur, prennent des merveilles pour cible, pensant qu'il leur sera ainsi possible de passer pour des connaisseurs ! Corriger, fustiger... enfin, dire du mal, c'est pour eux la meilleure manière de jouer les experts. Admirer serait tellement banal...
On se renie soi-même, on se confie aux apparences. Bien souvent l'on ne s'aime qu'en étouffant sa différence.
La lune s’étudie, mais pas trop. Elle est à Colombine et Pierrot autant qu’à Newton et Copernic.
Si un puissant demande votre avis, ce n’est pas le vôtre qu’il faut émettre, mais le sien. Un chien ne mord pas son maître.
Chacun, avec le désir d’apprendre, a le besoin de ne pas comprendre. Envie de science et besoin de Dieu, que choisir en regardant les cieux ?
La musique adoucit les mœurs… Quand les hommes se meurent dans les incendies qu’ils allument, il faut bien souvent qu’ils parfument leur puanteur fanatique par quelques notes poétiques…
On ne discute pas avec un ours qui vous a mis la patte sur l’épaule…
Qui n’accepterait pas, pour vivre sans danger, de devenir mouton aux ordres d’un berger ? Echange liberté contre sécurité. Le marché est vital, dit la publicité.
… Il faut des anciens, des modernes. Car je sais qu’on ne peut arrêter le progrès. Mais je crois bien que, par un mécanisme interne, il déclenche lui-même ses freins, ses arrêts.
Les hommes, délivrés de l’oppression, essaient la liberté comme un habit trop large. Ils trébuchent dans leurs révolutions, et cherchent l’équilibre en reprenant des charges.
L’intérêt est dans la difficulté. L’attrait est dans l’obstacle. Le plaisir, c’est l’aspérité. L’insolite fait le spectacle. Une vie lisse et facile est sans passion. Aimer, c’est aimer les complications.
On a toujours assez de force et de courage pour supporter l’horreur qui s’abat sur autrui. Le drame offre l’attrait de mettre en étalage tous ses bons sentiments, et d’en cueillir les fruits.
… il faut savoir faire la grimace. L'apparente facilité n'attire guère. Les gens n'aiment pas les feux sans fumée.
Au début, devant l’injustice, on se révolte. On clame, on réclame, on se bat. Voyant le grand désordre parfois qu’on récolte, on se dit qu’il vaut mieux modérer le débat. Pour garder sa conscience, on proteste, on s’indigne. Les avertissements sont rarement sans frais : pour échapper au pire alors on se résigne. Cherchant le moindre mal, on sacrifie le vrai.
Amants, heureux amants, ne cherchez pas d’abri. Ne vous réfugiez pas dans un morne bien-être. Ne vous laissez pas prendre si vous êtes épris. L’aventure s’éteint en fermant la fenêtre.
Le champion du bonheur fut pris de doute : les consécrations, il les avait toutes, et pourtant il sentait que maintenant il y avait un manque. Certes inconvenant, Mais réel. Il lui manquait un atout pour être heureux : c’est de n’avoir pas tout !
Une phrase débile est lancée par un grand homme : grande est la phrase ! La même sentence est prononcée par un petit : c’est lui qu’on écrase…
L’homme n’est pas souvent conforme à son image. Qui exhibe un nez rouge a peur du désespoir. Qui porte un voile noir rêve de dérisoire. Au lever du rideau, chacun son personnage…
Comment dire ce qui nous ronge ? A son mari parti au front pendant la guerre, la femme écrit : « j’ai planté les pommes de terre ». Les paroles ne sont que le dépôt des songes. Vouloir trop préciser les contours du mystère, c’est envoyer les mots au devant du mensonge.
Beaucoup de gens maintenant recherchent des "brèves". Il faut aller vite à l'essentiel (mais l'essentiel n'est-il pas de profiter lentement du superflu ? D'approfondir ? De détailler ? De réfléchir ? De contempler ?). Alors pour ceux qui seraient rebutés par des fables de plus de quarante vers, pour les amateurs de "best of", et pour ceux qui aiment survoler avant de décider de se poser, voici un paquet de moralités et pensées diverses tirées de mes fables...
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